VINCENT BLENET

répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Je m’appelle Vincent Blénet, je suis écrivain et autodidacte. J’ai développé ma plume par mes propres moyens. Je n’ai pas d’études poussées à mon parcours, mais j’ai vu et vécu pas mal de choses et je les retranscris dans ma prose. J’ai 40 ans. J’ai été diagnostiqué schizophrène à l’âge de 16 ans.

Je suis un écorché vif.  


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Petit je rêvais d’être ‘artiste’, j’échappais aux maux scolaires à travers quelques films. J’étais un enfant, je n’avais aucune notion, ni conscience de la réalité. J’étais dans ma bulle, je n’avais pas encore créé ou façonné mon monde à moi.

Je regardais des films divertissants comme : « Ghostbusters 2 », « Crocodile Dundee 1&2 », les deux « Batman » et « Batman, le Défi » de Tim Burton. Et « la Famille Addams ».

Étant introverti, trop influençable, et trop rejeté par le monde extérieur, je ‘rêvais’ d’être aussi intelligent, marrant et apprécié que le personnage principal de « Crocodile Dundee » avec la force de sa ‘différence’ au monde urbain modernisé.

Longtemps je me suis égaré et oublié dans toute cette industrie du cinéma. J’ai toujours été passif dans la vie au lieu d’essayer de m’imposer. Actuellement j’ai cheminé, mais j’ai plus d’aisance à observer, réfléchir, analyser toute la vie et les agissements des ‘normaux’ plutôt que d’être acteur de ma vie. défaut de parcours et de perception sur moi-même.

En 1995-1996, j’ai fait une tentative d’écrire. Je n’y arrivais pas, impatient, j’ai jeté l’éponge et je pensais mordicus être incapable d’y parvenir un jour.

Pourtant, aujourd’hui l’écriture est ce qu’il y a de meilleur en moi, de plus beau. Je n’en reviens pas d’avoir été capable, sans étude, sans rien, d’être le ‘parent’ de dix-huit livres publiés. Je suis estomaqué d’être à présent un auteur.

J’ai commencé à l’âge de quinze ans, la nuit tard, à écrire une histoire sur quatre pages recto verso, à la main. C’était l’unique moment magique à l’époque, c’était en 1998.

La journée je vivais l’horreur au collège, tabassé, insulté, les gosses m’incitaient à me suicider. Ils y allaient franco, dans le sens qu’ils me plaquaient sur la table et tous en cœur ils essayaient de me frapper en hurlant « à mort ». Alors la nuit après l’affreuse routine des cours, des devoirs, je me planquais dans ma chambre, musique allumée en sourdine et j’écrivais un peu ces quatre pages pendant que ma mère dormait dans sa chambre à proximité de ma chambre.



Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

J’ai écrit trois scénarios, longtemps avant de publier mon premier recueil intitulé « Je Suis Mort en 1999 », paru fin 2007/début 2008.

Ces scénarios sont accessibles sur mon site internet :

http://www.vincentblenet.com/

http://www.vincentblenet.com/2018/09/14/jesus-pour-tous-humanite-et-coeurs-emus/

http://www.vincentblenet.com/2007/08/29/repent-day/

http://www.vincentblenet.com/2007/03/15/section-19/

http://www.vincentblenet.com/2007/03/17/sdf/

http://www.vincentblenet.com/2007/03/17/pita-king/

Je n’ai pas publié ces histoires faute de temps, de moyens, et aussi de découragement. Certains furent écrits à des années sombres au début de mon cheminement horrifique lorsque ma vie bascula dans les vingt années de chaos. « Section 19 » est une histoire extrêmement éprouvante et j’ai dû batailler également avec mes T.O.C. en même temps que je l’écrivais.

Cependant c’est un scénario où j’ai construit l’intrigue, comme une toile d’araignée, au fur et à mesure que je développais l’écriture. Et c’est ce qui fait que j’ai des difficultés pour rédiger des gros romans avec intrigues et suspens dans mes récents ouvrages.

Il faut être très habile et très stratège, avec une mémoire à toute épreuve afin de bien ficeler une longue intrigue et toute la narration dans un roman.

J’ai préféré écrire mes textes comme des ressentis, des proses d’émotions, d’analyses. Mais j’aime illustrer ça par des images mystiques, peintures acryliques, peintures de la Renaissance. Après je conserve la narration dans l’idée du texte.

Par contre au fil des livres édités, j’essaie de créer un ouvrage avec un thème qui sera globalisé grosso-modo à travers la palette des textes figurants dans le dernier recueil à paraître.

Sinon, j’aimerais bien, un jour peut-être, je l’espère, faire éditer le scénario sur Jésus qui est coaché par un ange que seul lui peut voir. Cette histoire s’appelle « Le Confident du Christ ».


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

C’est ma vie, c’est mon être, mon oxygène, mon tout. Je ne vis que pour mon écriture. L’écriture c’est ma vocation, ma raison d’exister. Je n’aurais pas pensé que je parviendrais à écrire lorsque j’étais jeune. Pourtant l’écriture est venue à moi et c’est l’écriture qui me donne un sens, une raison de vivre. L’écriture m’a sauvé d’un abime dans mon chaos existentiel. Ce qui restera dans la case du « métier » c’est toute la partie recherche (traque incessante) pour trouver des médias sympas qui acceptent de faire des interviews, reportages YouTube ou interviews écrites, chroniques sur le livre que j’ai réussi à publier. Je suis un petit auteur compte d’auteur certes, mais je suis écrivain avant tout.

J’aime tout ce que je fais vis-à-vis de mes livres. Le seul point où j’ai moins d’aisance c’est la vérification des BAT, la recherche (pas toujours acquise et facile) de médias ok.

Par exemple avec « l’Enfer-Me-Ment », j’ai passé quatre semaines pour bien peaufiner le BAT. En effet il est préférable d’être à deux (au moins) pour bien relire, à la fois le fichier Word et le fichier PDF du BAT de l’éditeur (en tout cas c’est le procédé des comptes d’auteur).

Il y a la correction des fautes, mais également la mise en page. D’ailleurs lorsque j’écris un ouvrage, je passe beaucoup de temps sur mon ordinateur à peaufiner, améliorer le placement des paragraphes, les outils de police d’écritures (italiques, gras etc.).

J’ai eu l’aide de ma mère et de Catherine Meylan, lesquelles avait des emplois du temps compliqué, quant à moi mes neuroleptiques ne sont pas très laxistes en ce qui concerne la vaillance de mon cerveau.

J’évolue en tant qu’artiste au fil des ouvrages, je suis, par étapes, devenu de plus en plus consciencieux. J’essaie de garder les pieds sur terre le plus possible. Et j’essaie de trouver la plume juste. J’espère un jour que ma prose sera digne des écrivains du passé, ces majestueux auteurs et poètes dont l’incisive dans un gant de velours était de toute beauté.

Je ne pourrai faire autre chose que mes livres et mes deux projets musicaux, auxquels je suis très attaché et que j’écris et interprète avec mes deux amis respectifs. L’un en duo pour le projet « DHELLBOR » et le second avec un ami compositeur VanJarre. D’ailleurs VanJarre et moi on a beaucoup de points communs et il a énormément de talent. Il est capable de rendre vivante sa musique. Il compose comme s’il donnait vie à un corps humain. Mary Shelley en serait déguingois par les vibrations de mon poto VanJarre. 

Le hic aujourd’hui dans la culture, c’est que beaucoup ont combiné art avec argent. Énorme maldonne, malsaine et empoisonnée.

Désormais l’obsession n’est plus d’apporter une œuvre riche en émotivité, riche en créativité. Non. Désormais les boutiquiers se croyants artisans, ils poussent les créatifs à taire la beauté, l’émotion, le ressenti et autres. L’unique objectif étant d’accumuler des vues, des Tweets, du buzz, des postures flashions, vêtements, sponsors, marchandising. Que du matériel.

Tout ça c’est froid, ça n’emmène rien ni personne dans un voyage psychique, émotionnel, lesquels nous transportent, nous apportent les larmes de joie ou des larmes de condoléances.

La force d’une œuvre artistique, c’est avant tout de réunir les gens, de changer le monde par le cœur ou la tristesse. Que ce soit la musique qui procure passion et révolution, ou bien l’écriture qui retrace les siècles, les mots et les maux des époques.

Fabriquer de la daube « naphtal-aryanisée » en industrie packaging ça rapporte certes mais ça se jette aussi sec pour relancer sur le marché la bouse fraîchement déféquée de la précédente fournée dite ‘culturelle’.

Pour moi l’écriture, mes deux projets musicaux avec mes deux amis, être artiste, c’est une joie merveilleuse. Mais je reste le plus conscient possible et je préfère être en échec de vente, ne pas enchainer des signatures à tout va, faire des podiums de rayons en librairie à gogo.

J’aime partager mes écrits, faire des interviews propres avec des chroniqueurs(ses), des radios et télés YouTube dites ‘underground’, faire voyager mes livres, mes textes, les sons avec mes deux potes. Du moment que je peux vivre (à mon échelle modeste) ma vie d’écrivain, d’artiste, normalement, sans outrance ni démesure, ça me convient parfaitement. Ça me navre, m’attriste même, de voir et d’entendre de la musique sans musique, des textes sans histoires, sans retranscrit, sans âme. Ça fructifie des billets, mais c’est froid et vide de sens. C’est comme pour les déforestations. Lorsqu’il n’y aura plus un arbre, donc zéro oxygène, ce n’est pas les billets verts qui nous aideront à respirer. Sans air et sans vie, faire la bringue en boites VIP mode trisomiques W9 NRJ12… Macache glawis.


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

Lorsque j’écris, même une petite prose qui sera sur mon Instagram, c’est une grâce, une victoire. Être apte à retranscrire mes maux par des mots, mes émotions ainsi que d’illustrer mon message par des métaphores mystiques narratives. Comme une peinture fantastique, genre Renaissance. Lorsque j’écris je me sens si bien, j’ai été capable de m’exprimer, j’ai pu mettre le meilleur de mes émotions, de mes entrailles.

J’ai presque un sentiment de fierté, comme une revanche sur ma jeunesse d’être effacé, trop introverti, incapable et soumis aux violences, quolibets en tous genres.

Par contre pour ce qui est des inconvénients, je dirais la page blanche. Je nomme cela les périodes de silence. Là c’est assez sombre en moi. Lorsque je me sens sans mots, j’angoisse, je panique et j’ai mes peurs qui se nouent avec mes T.O.C.

C’est une traversée dans un enfer désertique à travers la folie, les pulsions d’autodestruction. Les angoisses dominent la raison le plus souvent.

Les émotions, ressentis de l’instant. Toutes ces réactions du cœur et de l’âme. Mais également les pulsions (d’amour, de haine, dépressives ou autodestructrices). C’est un bon côté pour retranscrire et écrire. Ça aide à donner meilleure texture à l’écriture. Pour mieux parvenir à se laisser traverser, transporter par l’inspiration, il faut laisser nos émotions guider la plume. Il faut également s’affranchir et marcher dans le brasier des excès dehors.

Caresser mille dangers et s’élimer l’être afin de nourrir un vécu. Vécu qui apportera matière à cogiter et retranscrire un rendu brut et beau. Plus proche de votre ressenti et donc du livre que vous venez d’écrire. Ça c’est le côté à la fois magique et pourtant périlleux. Le moins bon côté sera à apprendre à maîtriser vos peurs, vos angoisses, vos doutes et vos  échecs récurrents. Ces passages de « silence », page blanche, me terrifient à tel point que ça va s’entrecroiser dans des doutes, donc manque de confiance en moi. Et cela va suggérer à ma pathologie d’y prêter oreille, donc chercher à m’égarer dans des T.O.C.


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ?

Toujours en musique. C’est la base dream team pour écrire du tonnerre des Dieux.

Je cherche énormément de chansons, musiques technos, électro, métal et plein d’autres genres, du moment que ça parle à mon âme, à mon énergie colérique, méditative.

Parfois je mets sur ma playlist un bazar bordélique de différents styles. On peut traverser les titres de Slipknot puis (comme les titres se suivent en fonction de l’ordre alphabétique du classement de mon tel Samsung) on arrive sur des reprises piano calmes d’un artiste Maxence Cyrin. Ou bien Aphex Twin avec « Didgerido » puis des track de Deftones.

Le plus souvent la musique me met en réflexions, en questionnements, en libération d’excès colériques. Bref c’est ma cocote minute confectionnant l’énergie du soir, de ma vadrouille.

J’essaie de stimuler ma plume à manifester l’essentiel. Le plus souvent c’est la mélodie ou l’agressivité ou encore l’énigmatique de l’électro techno qui m’aidera à peindre les mots sur la toile de mes maux.

Je vis en grande partie la nuit. Je marche, je tourne en rond dans ce donjon Montpelliérain. La musique dans les oreilles via mon portable dans la poche. J’observe les autres (les normaux). Je regarde comment ils agissent et s’agitent autour de tout ce chaos guignolesque qu’ils formatent de jour en jour. On dit que la nuit les gens sont dans l’excès et l’alcool. Mais paradoxalement c’est la nuit que la nature humaine révèle la violente et terrible froideur de leurs âmes. Ils auront plus de franchise, laisseront leurs masques hypocrites loin, afin de dévoiler la nature cradingue qu’ils ont.

La journée la vie s’active, mais une vie mécanique, glacée. Les gens ne se disent pas bonjour, ils sont bloqués dans les applications de smartphones ou IPhone. Voire méprisants, quasi inhumains. Par contre la nuit ils sont expressifs, ça oui, seulement c’est pour critiquer, médiser et humilier les personnes hors de leurs castes privées. Castes d’exigences modernes où il convient de s’habiller de marque, mode, coiffure millimétrée comme dans les télé-réalités.

La nuit chaque visage peut devenir un tribunal sans appel. Jugements, stigmatisations, lapidations, haines gratuites. Il n’y a que des sentences mais aucune acceptation de l’autre.

À Montpellier la nuit, les soi-disant étudiants, ils sont abonnés des bars et boites de nuit. Leurs seuls intérêts étant de faire semblant d’être des adultes, des « bonhommes », des simulacres d’influenceurs W9 NRJ12 se la racontant, jouant à Pablo Escobar de chez Club Dorothée pour chercher l’attrait des jouvencelles. Ces dernières méprisantes et méprisables à souhait sans évoquer leurs calculs d’esprits vénaux.

Elles, elles vont négliger leur être, leurs valeurs, leur force d’esprit, leur potentiel. Dans le but d’avoir tout gratuit, se faire offrir les repas, les verres, les soirées, les festivals, les shows cases, tout à l’œil. Mais en faisant semblant de « monnayer » leurs faveurs, leurs charmes.

J’ai vu de mes yeux comment elles ne se respectent pas et n’ont aucune dignité ni aucun tabou lorsqu’il s’agit d’avoir des privilèges de luxe. Beaucoup passent leurs soirées à se flasher sur snapchat et instagram. Certaines en profitent pour appâter les frustrés (comme moi) pour les inciter à s’abonner sur MYM et/ou OnlyFans.

Cela dans un objectif lucratif, gagner de l’argent en s’exhibant derrière un écran virtuel de téléphone avec des accessoires en caoutchouc. Le résultat final étant d’avoir suffisamment d’argent pour les boutiques, les plages privées, les pass VIP, etc.

Personnellement, que certaines s’en sortent et vivent très bien, tant mieux pour elles. Non, ce qui me heurte c’est toute cette mentalité d’argent, de restriction humaine, cette séparation des classes et la loi du virtuel qui vient écraser les jacquouilles maux-dits de l’existence.

Il y a eu énormément de monstruosités et de haines des sexes opposés depuis que certaines harpies nazis ont décrété que TOUS les hommes sont des enculés. Je regrette, je ne partage PAS les ‘valeurs’ de ces bourges « mascularisés » à coups de CB. Je n’aime pas les relations charnelles dans la dominance, la force ou la soumission (sous-mission).

Il y a des hommes corrects. Je n’en suis peut-être pas un, ou pas le meilleur des êtres masculins hétéro. Mais ça existe et les amalgames ne servent que les intérêts despotiques.

Tout cela, ces ressentis, créent cette rage et cette colère. Toutes ces exclusions j’ai voulu les retranscrire au cœur de mon dix-huitième livre « l’Enfer-Me-Ment ». Montrer à quel degré les égrégores modernes ont façonné une église sectaire, totalitaire, où les personnes hors norme sont chassées, exclues et survivent comme des reclus au milieu des rebus.


Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

En principe lorsque je suis dehors, confronté aux excès, au chaos, aux horreurs que les ‘normaux’ m’infligent. Également lorsque je vadrouille la musique dans les oreilles. Donc je commence à écrire sur mon téléphone. Je me sers des SMS en m’envoyant à moi-même le texto. Je peaufine souvent au fur et à mesure, parfois dans mes SMS, puis en m’envoyant sur mon mail perso mes notes. J’affine et j’envoie. Ensuite une fois devant mon ordinateur, je copie/colle dans mon fichier Word et j’affine en mise en page.

Avant pendant les dix premiers livres, j’écrivais tout à la main sur des cahiers épais. Je ne savais pas un brin utiliser un PC. Lorsque j’avais écrit à la main mon texte, je demandais à ma mère de m’aider en retapant le texte sur un fichier informatique (un fichier Word).

Maman m’a, au fur et à mesure ‘formé’ dans l’art formel d’écriture. En ce sens qu’elle est très à cheval sur l’orthographe. Maman fut longtemps directrice commerciale, elle a travaillé dans la presse magazine, et ensuite dans les journaux Midi Libre et la Gazette. Maman a été numéro 1 de toute la France à une époque. Malheureusement à Midi Libre elle a eu à subir beaucoup de choses et aussi du harcèlement moral. En effet à l’époque, une femme qui est douée, qui a des résultats et du caractère, c’était très mal vu. Aussi les dirigeants ont essayé de la torpiller. Elle a réussi à ressusciter un magasine à l’agonie.

Ma mère m’a, sans le savoir, appris en corrigeant mes textes, tout en les retapant sur l’ordinateur, à ce que je ne tombe pas dans certains excès, ajouts, rajouts de trop dans ma plume. Elle sait écrire, aussi elle m’a transmis cette concision qui m’a aidé à ce que j’écrive au plus juste.

Je n’ai pas fait d’études. J’ai souffert énormément dans les écoles et collèges de malveillances de la part des autres enfants et du personnel enseignant (en-saignant).

Ces derniers, avec l’aide de ma famille, ont menacé ma mère de la séparer de moi si elle n’acceptait pas de me faire interner à l’hôpital psychiatrique de Montpellier. J’avais seize ans et l’hôpital ‘la Colombière’ de Montpellier est emmuré, genre quartier haute sécurité prison. Il y a plusieurs bâtiments, lesquels à l’époque étaient des mouroirs austères, froids et  morbides. On était en détention et le personnel soignant nous a détruits. Ils utilisaient la peur, l’emprise de force et la férocité psychique avec la combinaison des psychotropes chimiques injectés en nous. Ce qui leurs permettaient de nous rabaisser et qu’on soit complètement soumis à tout ce qu’ils pouvaient nous dire/faire, et bien sur tout ce qu’ils voulaient nous faire/dire.

J’ai eu le bonheur d’être capable d’écrire au fil des années. À l’HP j’écrivais des scénarios, sans conscience professionnelle. Je me suis façonné progressivement sur le tas. J’ai longtemps cheminé avant d’être plus carré dans ma vocation. En écoutant les gens, en parlant avec tous, tous corps de métiers confondus. Plusieurs cercles de milieux visibles ou invisibles. J’ai essayé au mieux d’apprendre et à me cultiver par moi-même.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

Il est nécessaire de se frotter au chaos, à la violence de l’extérieur si l’on a besoin de trouver l’inspiration la plus proche de la ‘perfection’.

Parfois c’est en puisant dans l’abîme, l’horreur, la peur, la tristesse qui nous traquent et que l’on essaie de fuir, d’enfouir pour avancer. Tout cela représente les voix de votre âme, de vos pulsions, de vos désirs, lesquelles tapotent à la porte de votre conscience, cherchant à sortir du subconscient. Elles ont besoin de rugir, de sortir et s’exprimer, elles nécessitent d’exister.

Certaines vont répercuter ces noirceurs dans la dépravation festive, alcoolisée, substances chimiques illégales. Excès de violences. D’autres pourront écrire et interpréter tous ces cauchemars et ses frayeurs.

Parfois j’ai écrit quelques proses révélant/illustrant ce qu’il y a de virulent, bestial, effroyable, impardonnable. J’épouse mes peurs et mes chaos, tout en étant pétrifié par moi-même. Par contre, une fois que j’ai pu retranscrire en mots, je me sens plus calmé, plus apaisé.

Parfois, lorsque je suis en pleine crise de folie, d’excès, bien entendu c’est le vase qui déborde et j’ai besoin d’afficher ma colère aux yeux de tous. J’ai besoin d’effrayer, de choquer, de provoquer les bienséants et de remettre quelques compteurs à zéro.

Mais parfois je vais en bénéficier pour avoir de l’inspiration et écrire mes maux.

On voit curieusement que ceux qui ont peint et dépeint l’Histoire, pour la plupart des poètes et artistes, étaient considérés, diagnostiqués comme fous, perturbés. Cependant leurs visions du monde ont révolutionné l’Histoire ainsi que la perception des gens entre eux.

Donc en résumé, si aujourd’hui les normaux vivent décomplexés dans leurs travers, leurs exigences, leurs vices élitistes et leurs dépravations monnayables marquetées, c’est grâce à nous les fous, les gueux, les jacqouilles. Si vos prépubaires sont des jacquards, c’est grâce à nous.

Comme la plupart de ceux qui créent j’ai le syndrome de la page blanche ! Cela me terrifie à chaque fois, comme si je plongeais dans abîme sans fond où j’ai l’impression de tout perdre, c’est-à-dire de perdre mon écriture, ce qui est ma raison de vivre. Dans ces moments terribles je me sens démuni, vide et annihilé. En fait on se sent esclave de cette fluidité que l’on n’a plus et cela crée une angoisse profonde qui déclenche des crises douloureuses. Heureusement ç’est transitoire. Vivre de nouvelles expériences relance la machine en général.

Souvent on dit qu’écrire est une thérapie. C’est tout à fait exact.

Écrire me permet de vociférer ma rage, mes frustrations, mes désirs et mes désespérances.

C’est également grâce à l’écriture que je peux dessiner, composer, exprimer tout un univers à moi. Un expressionnisme dans lequel j’ai la parole sans qu’on me ressasse de me taire sous prétexte que je ne suis rien d’autre que l’immonde erreur de Dieu, laquelle devrait être exécutée sur le champ et disparaître de la surface existentielle. Écrire c’est vivre. Écrire c’est devenir et m’épanouir.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? 

Beaucoup, j’essaye de combiner la réalité quotidienne avec une narration métaphorique.

Les ouvrages précédents sont des retranscrits poétiques, analytiques, fantastiques. Tous basés sur des corps de métiers, des rencontres, des sentiments amoureux pour des machiavelles vénales.

Mes blessures deviennent écriture. La plupart de mes textes sont issus de mes tourments, de mes angoisses, de mes réflexions, désillusions.

Il est juste d’avouer que me lire est parfois énigmatique et difficile car je vis ce que j’écris, donc étant dans mes émotions et dans ma tête, je ne fais pas attention à ce que ceux qui peuvent me lire soient désarçonnés et perplexes. Mais depuis « Mort Sûre d’Amours » j’essaie d’améliorer ma prose afin de la rendre plus ‘accessible’. Dorénavant je fais plus d’efforts pour cela dans mes nouveaux livres. Petit à petit je dessine par l’écriture un univers fait de proses poétiques, mélangeant la réalité comme un journal intime métaphorique. J’essaie de bâtir une inspiration entre H.P. Loftcraft, Anne Rice, Palahniuk, Baudelaire et Voltaire. Et un peu une tragédie Shakespearienne.


Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

Tout ce qui concerne l’esthétique ésotérique, mystique, cela vient depuis toujours dans mon enfance et mon quotidien, du fait que j’étais très intrigué et fasciné par ces sujets, ces questionnements. J’adore les anges, j’ai un attrait artistique pour le visuel des flammes. Je trouve qu’elles illustrent bien l’existence, la souffrance. Elles dévorent mais plus on s’affaiblit, plus elles gagnent en force. Les flammes sont presque immortelles.

Sinon pour les thèmes récurrents comme les femmes, la religion et l’enfer, j’évoque tous les tourments qui me rongent au quotidien. Comme la désespérance de toucher, caresser l’intime d’une femme sans devoir être condamné, reclus aux prestations cauchemardesques des escortes girls, alors que les jeunes femmes dans le monde réel, le monde des vivants, là où elles sont plus belles et attirantes que ces annonces déshumanisantes de sexe tarifé, des sites avec des photos truquées, des annonces arnaques où il faut passer des éternités à décrypter le vrai du faux pour au final ne pas ressentir mon plaisir. J’aime la douceur et la tendresse charnelle d’une femme avec moi. N’en déplaise à ces furies nazies, harpies fémens qui affirment que tous les hommes veulent pénétrer les femmes par dominance machiste.

Et non ! Rien qu’embrasser les lèvres de la jouvencelle, sentir ses mains sur moi, mes mains parcourant, dessinant ses courbes (même si elle est habillée), c’est plus intense et plus magique à mes yeux qu’une chevauchée PMU sordide, mode bricolage Ikea pour les bourrins et PlaySkool pour attardés influenceurs trimards W9 NRJ12. La religion est davantage là pour illustrer la tyrannie politique, la barbarie des codes sociaux. Et aussi l’obéissance aveugle à des pseudos prophètes, maniant le mensonge et la manipulation de masse à la perfection. La religion illustre bien comment certains se définissent comme étant le bien et comment ils jugent et brûlent aisément sous la « bienveillance » de Dieu, évidemment pour se dédouaner de toutes responsabilités criminelles. L’habit ne fait pas le moine.


Y’a-t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

Chaque livre, en tout cas les récents (depuis le douzième « Cieux FM »), chaque livre représente une traversée, une étape franchie dans mon cheminement d’existence.

En ce qui concerne les trois derniers livres, j’ai dû me mettre en danger, mentalement, physiquement, émotionnellement. Cela était imprévu, mais nécessaire pour mieux retranscrire et mieux écrire les textes figurant dans l’émotion de l’ouvrage en cours d’écriture.

J’ai vécu des vertiges assez féroces, la plupart des livres une fois édités, j’étais heureux et soulagé d’avoir pu publier l’ouvrage. En fait c’est comme une grossesse, vous avez peur d’avoir une fausse couche, la trouille vous suit jusqu’à la naissance de votre œuvre.

Là, vous êtes content et soulagé d’avoir mis bas votre enfant. Vous êtes enthousiaste à la perspective d’aller en interview pour partager vos émotions, votre parcours sur le livre fini.

Enthousiaste d’évoquer comment vous avez traversé les difficultés et les situations qui vous ont marquées ou mis en péril durant l’écriture du recueil.

D’où mes phrases lancinantes sur mon désir d’activités littéraires.

C’est pourquoi j’affirme qu’aboutir à son projet artistique est une magnifique victoire, qu’importe la folie people. Vous avez créé une œuvre, vous l’avez portée, vous l’avez traversée, et vous l’avez accouchée. C’est une victoire. Ce n’est pas comme ces marchands qui écoulent des stocks de productions préfabriquées en masse, genre mer noire mazoutée. J’ai pas mal morflé pendant trois ans sur les ouvrages « De Feux et d’Encres », « 666 Nuances De Braises », « Mort Sûre d’Amours ». En revanche avec « Gazhell » et « l’Enfer-Me-Ment », j’ai eu des difficultés de page blanche, mais après j’ai été bien, j’avais de l’inspiration et l’état mental apaisé. Et honnêtement, sans déconner, ces deux livres font partie de mes préférés et à mes yeux ils sont mes meilleurs livres.


Avez-vous une préférence pour l’un de vos romans ? Pourquoi ?

« Gazhell » et « l’Enfer-Me-Ment ». Le premier car j’ai pu intégrer mon vécu du moment avec la réinterprétation fictive, narrative, du mythe de Lucifer.

Ce treizième livre était l’affranchissement de deux tabous T.O.C. de mon passé. Parler librement du désir érotique, de l’envie sexuelle avec elles, celles qui m’attirent, cette émotion de bien-être. J’ai retranscrit et vécu la douceur charnelle, le tactile de peau à peau, comme un don spirituel.

Lorsque (pour les rares fois avec les escortes) j’avais vécu un instant féérique en embrassant les lèvres de la fille, toucher sa peau, caresser ses courbes. Toute la peur, l’horreur cauchemardesque, tout cela s’évaporait momentanément comme dans une parenthèse enchantée.

Je me ressentais vivant, humain, bien, cajolé. D’où l’instant de grâce onirique qui rédige et repeint les mots de mes colères frustratives envers les normaux, lesquels dégueulassent ce don privilégié par leurs décadences et leurs excès sociétaires.

À l’époque où j’écrivais « Gazhell », j’étais un peu plus ‘guéri’, j’avais passé des années destructrices suite aux décès successifs de mon père puis de ma grand-mère. Je me frottais aux autres, je marchais dans la lumière parmi les gens, j’essayais de m’affirmer en tant que Vincent, écrivain gothique, fier de l’être. « l’Enfer-Me-Ment » est mon dix-huitième et j’ai aimé l’écrire, j’ai senti que j’ai affuté, affiné mon écriture, qu’elle est plus adaptable et plus belle pour « l’offrir » à des lecteurs.


Êtes-vous satisfait du « succès » de vos livres ?

On ne peut pas parler de succès, mais ça va. J’ai pu en vendre quelques exemplaires pour certains d’entre eux. Ce qui me plairait davantage c’est de voir que mes livres ont un retour, un écho d’existence dans le monde. Pas m’imposer ni faire le bulldozer, non. Juste avoir une petite place où j’existe. Que mon écriture plaise ou déplaise mais qu’elle existe.


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Jamais, au grand jamais ! Plutôt me shooter avec un fusil AR15, ou me décalquer avec un pompe canon sciée et brûler ma dépouille afin d’éviter que ma famille, MaKKKron et sa clique, les bars Alhambra et tous ces trimards de Montpellier, qu’ils viennent tous danser, s’alcooliser massivement, partouzer et éjaculer un tsunami de giclettes sur ma tombe imbibée de leurs crachats.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

J’ai un livre ne préparation chez un éditeur qui a accepté de m’éditer, à compte d’éditeur cette fois. C’est une grande joie pour moi car cela confirme mon statut d’écrivain.

Ce livre est intitulé « Kaléidoscope », il paraîtra prochainement et j’en suis vraiment heureux.

J’ai envie et besoin d’écrire encore et toujours et de continuer à essayer de m’améliorer en tant qu’auteur.


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

Mes dix-huit premiers livres ont été publiés en autoédition. Parce qu’ils ont respecté le message de mes livres. Parce qu’ils ont été main dans la main avec moi et que le résultat de chacun était conforme à ce que je souhaitais délivrer, à ce dont je voulais témoigner. Parce qu’avec ces éditeurs, professionnels, en autoédition, ils ont la censure avisée et juste. Ils ne sont pas préoccupés par le score des ventes, Tweets, buzz à gogo et papiers culs de ceux qui se prétendent faiseurs ou défaiseurs d’auteurs, pour torcher de complaisance narcissique et flatulences égoïstes, égocentriques. (égo-sans-trique) leurs « élus ».


Parlez-nous de votre dernier roman (sujet, durée d’écriture, choix des personnages, date de sortie…) ?

« l’Enfer-Me-Ment » évoque la routine d’un être hors système, limite ‘exsangue’ jusqu’à l’écœurement de la hype attitude sociétale. Avec cet ouvrage je voulais raconter les ravages que mon procuré ces récentes années de socialisation.

Combien le contact est destructeur, venimeux, compressé dans un poison qui vous nécrose l’âme ainsi que la conscience. J’ai écrit en ouverture du livre une introduction métaphorique avec l’image du désir, de l’envie d’être près d’elles. J’ai utilisé le symbole de la rose rouge flamboyante, magnifique, somptueuse, parfumée divinement, très, voire trop, attractive et pourtant très épineuse et empoisonnée.

Longtemps, à travers ma ruée dans les caniveaux de l’underground, j’ai essayé d’approcher ces jonquilles et fleurs de lys. Mais à chaque fois j’y ai trouvé chaos et pulsions mortifères dans un tonnerre d’excès.

Retranscrire également la survie lorsqu’on n’est pas sponsorisé par la palette multiple d’un éventail de cartes bancaires (ou bien les parents des p’tits trimards, faisant croire qu’ils étudient alors que l’unique diplôme qu’ils cherchent c’est alcoolo et Gogols analphabètes W9 NRJ12). Je voulais, tout en améliorant mon style afin qu’il soit plus lisible pour le maximum de lecteurs, témoigner de l’enfer que l’on traverse sans moyen, sans joie, voire sans droits humains.

Dans ce livre j’ai ‘décalqué’ la figure de la prêtrise. J’ai deux amis prêtres, mais j’ai vu et connu de nombreux hypocrites ecclésiastiques. J’ai fréquenté quelques groupes d’intégristes catholiques (cathos-like). Rien d’effarant, c’est juste des cinglés de la bible dogmatique. Je me rendais dans des églises et j’assistais à des réunions de prières. Ça durait 4 à 6 heures.

On commençait par ce que l’on appelle des chapelets puis lecture de passages religieux, entourés d’un « Notre-Père » puis cinq « Je Vous Salue Marie » et des phrases redondantes dogmatiques. Ensuite, une heure de chants religieux et un débat qu’ils tenaient sur comment évangéliser le maximum d’abonnés au club pour l’année à venir.

Par contre des tarés bibliques j’en ai croisés,  parfois on rigole un bon coup mais des fois c’est effrayant. L’un des vieux ronchons intégristes est toujours à zigzaguer dans les rues pour arracher des affiches de nightclubs et concerts afin d’affirmer que c’est l’œuvre du Malin. Jésus va apparaître en pointant les pécheurs de l’index pour le Jugement Dernier.

Une dame, que je n’ai plus revue depuis 2003, s’est coupée de ses petits-enfants et sa fille car ils avaient choisi le diable (en fait, traduction ils choisissent la société). Bref j’en ai vu des vertes et des pas mûres, voire des moisissures nécrosées.

Sinon pour la métaphore des prêtres dans « l’Enfer-Me-Ment », je me suis inspiré de deux autres prêtres, ex-amis à moi qui m’ont menti et trahi. Ensuite j’ai utilisé cette illustration métaphorique sur l’aspect gouvernemental, politique, commercial, l’effet de masse, tout ce qui fait la dictature et le totalitarisme aveuglé. La religion est un vecteur de peur et d’aboiements à l’ordre sectaire, fasciste.

Et puis il y a tous ces « égrégores » que l’on se façonne à force de trop virevolter, vadrouiller toujours dans les mêmes recoins de sa prison. À force on bétonne ses croyances, même si celles-ci sont parfois infondées, voire ‘erronées’, on va croire à tout parce qu’on souffre atrocement. Plus on souffre, plus on est en carence d’oxygène, plus on est soumis à croire à ce qui va s’opposer aux maux qui nous frustrent.

La colère nous prête à plier genoux et louer ce qui affranchit ces émotions renégates qui nous brûlent les lèvres mais que l’on se retient d’évoquer au grand jour, publiquement. 

Ma vision du monde est étroite, restreinte, étriquée. Je ne voyage presque pas, je tourne en rond inlassablement dans le même cercle atmosphérique du centre Montpelliérain. Je ne vois que des jeunes stupides et cruels. Leurs mœurs deviennent trop imposantes sur mon oxygène. Ils sont très intolérants et pour ce qui est des mentalités des « féministes » elles ont la croix gammée dans la « gestuelle » si facilement. À force ma vision des gens est faussée.

D’où mon retranchement à généraliser mes mots et mes actes.

Certaines personnes qui ont l’habitude de vivre ‘pleinement’ la vie ne pourront probablement pas capter les messages sous le texte. Beaucoup ne peuvent concevoir qu’un être, habitué à se déprécier, se négliger, se détruire, se cacher, se minimiser aisément, puisse souffrir de ne pas avoir les mêmes droits. Ils ignorent qu’ils nous infligent l’excès, l’horrifique défécation qu’ils nous jettent et nous force à avaler.

Vivre dans les ténèbres aujourd’hui c’est survivre dans un enfer citadin où les joies, émotions, sensualités avec elles, toutes grâces de l’existence deviennent un prix forfaitaire, packaging de luxe à ceux qui déploient l’éventail des cartes bancaires. Nous non.

À travers ce livre je dénonce, j’accuse même, ce suprématisme ambiant, ambivalent, lequel s’installe, il s’allonge et se prélasse dans l’âme humaine depuis toujours. Pourtant les gens, même nous les « jacquouilles », nous réprimons la vérité, nous sommes dans le déni et cherchons des excuses, preuves à l’appui, avec arguments rusés, roublardises.

Cependant la culture humaine se fonde dans une barricade de tranchées stigmatisées où l’on case les personnalités, les singularités, les individualités, tout ça quoi, dans des genres, des fiches techniques pour applaudir ou pour blâmer, condamner. De nos jours il faut liker ou crucifier celui-ci, celui-là, parce que la tendance du marché va bander fort ou bander mou.

Je n’instaure aucun dogme, aucune politique, que dalle, non.

Tout ce que je fais c’est d’écrire mes sentiments, mes observations et j’essaie de retranscrire du mieux possible ma douleur afin de pouvoir espérer vivre la douceur de ce monde sans prétention, sans despotisme.

Dans cet ouvrage, j’espère que ceux qui liront mes textes percevront mieux ceux qu’ils médisent du coin de l’œil lorsqu’ils paradent quotidiennement, souvent la nuit. Qu’ils comprendront que les « kassos » ont une âme, un cœur et un cerveau.

   


Quelle relation avez-vous avec les lecteurs ? Échangez-vous régulièrement avec eux ? De quelle manière ?

Oh Dieu, c’est compliqué pour ma part.

J’ai très peu d’occasions d’être inscrit dans les salons littéraires. Ils sont souvent très « élitistes » et les quelques fois où je l’ai fait, j’ai été le « kassos » du salon. Les gens passent devant vous avec un œil de roi médiévaliste pour vous rappeler qu’ils peuvent vous transmettre les miettes de Godefroy ou vous uriner à distance parce qu’ils sont des acheteurs potentiels, c’est-à-dire : « on a la tune et peut-être on te paiera ».

Je vends très peu de livres. J’ai du mal à trouver des retours sur mon écriture. Ça m’est égal de ne pas nager dans une marée de billets, par contre presque pas de réaction envers mes textes, mes livres, presque rien ! Ça, ç’est pour moi une vraie souffrance.

J’ai déjà mes propres influences artistiques, celles des précédents livres (jusqu’au douzième), ils m’ont violemment craché en pleine face. Ça m’a bien secoué et ‘démoli’. Par contre ça me plairait énormément de converser, d’échanger avec les lecteurs. Ce n’est pas la flatterie qui m’intéresse, pas du tout. En revanche partager avec les autres sur ma plume, ça serait super et vraiment comme une bouffée d’oxygène.


Êtes-vous présent sur les réseaux sociaux ? Pourquoi ce choix ?

Parce que je n’ai pas beaucoup d’opportunités promotionnelles high tech. Je dis souvent que c’est « le média du pauvre ».

Je suis partisan d’être actif pour promouvoir ses propres œuvres, et mettre la main à la pâte. Cependant passer ses jours et nuits sur le téléphone pour faire QUE les réseaux sociaux c’est un tantinet gavant. Parfois c’est agréable que d’autres plateformes partagent et relaient les textes et les sons. Ça apporte davantage de crédibilité à votre art et ça permet davantage d’objectivité vis-à-vis de votre plume ou de votre composition musicale.

Et puis ça fait plaisir et ça aide le moral d’un artiste lorsqu’un ‘média’ l’interroge, publie une chronique, que l’artiste peut cliquer depuis la plateforme guest, sur « partager » via Facebook et Twitter. Non seulement c’est « professionnel », mais c’est propre et ça aide l’auditeur, le lecteur, à prendre l’artiste au sérieux. Ça prouve également aux gros médias main Stream méprisants et médisants sur nous qu’on est nous aussi des artistes et qu’avec les plateformes qui nous questionnent et nous partagent  nous sommes crédibles et pas de la poussière.

Grâce à des plateformes comme vous chère « heylowdylitdeslivres », « l’ami des auteurs », « love sisters TV », « Radio Sensations », « la lectrice compulsive », « le nouveau Montpellier », « à plumes d’elles ». Grâce à vous tous et toutes vous prouvez que nous existons et vous démontrez que l’aboutissement de nos œuvres est bien plus qu’un packaging pour agonie de clics et Tweets.

Grâce à mes deux amis musiciens, les deux projets artistiques musicaux (« DHELLBOR » & mon ami VanJarre) qui permettent à mes livres – à travers des lyrics en anglais et des extraits de textes français et également le vecteur musical – de faire voyager mon écriture à travers le monde via YouTube et Instagram.


Vous écrivez mais aimez-vous lire également ? Si oui quel type de romans ? 

J’ai un énorme déficit de l’attention, je n’arrive pas à me plonger dans un épais roman. D’où le bienfait et l’aide de la musique lorsque j’écris.

Mais j’aimerais beaucoup lire les ouvrages des autres, ça me plairait énormément de découvrir d’autres écrivains et d’enrichir mon écriture ainsi que mon inspiration.

J’aime beaucoup la plume de Baudelaire, celle de Voltaire, William Blake et Anne Rice.

En revanche je lis beaucoup de lyrics des musiciens que j’écoute. J’adore la combinaison entre métaphores et poésies. Ça m’aide beaucoup à garder un enrichissement d’écriture.

D’où la logique de mes publications rageuses sur mes réseaux sociaux à l’égard des trimards commerciaux de l’industrie musicale main Stream actuelle. Si la créativité musicale et parolière deviennent gâteuses, accessibles aux analphabètes de télés réalités, là ça va être un drame, pour moi-même, mais pour les générations à venir. Certes on sera équipés en gadgets technologiques, certes. Mais sinon on aura un cerveau moins performant que Jordy chantant « dur dur d’être un bébé, imbibé ».


Quel livre auriez-vous aimé écrire ? Pourquoi ?

« Entretien Avec Un Vampire », c’est une œuvre majeure dans mon existence. Lorsque j’étais un des leurs dans le clivage des « vivants ». C’est l’ouvrage référence d’Anne Rice. Ce qui m’a marqué, bien avant de savoir qu’à l’origine il s’agissait d’une œuvre littéraire, c’est que je m’identifiais au personnage de Louis. J’avais été voir ce film au cinéma avec ma tendre grand-mère.

Elle m’a quittée en 2014, dix jours après mon anniversaire, de manière abrupte. Je n’ai pas pu lui dire au revoir compte tenu de l’attitude du SAMU qui l’a laissée s’étouffer. Ils étaient focalisés sur son grand âge et c’est ma mère qui a dû faire un forcing afin qu’ils daignent l’emmener aux urgences où elle décèdera dans des souffrances respiratoires durant cinq longues heures et après trois infarctus successifs.

« Entretien Avec Un Vampire » fut une révélation gothique pour moi, j’avais douze ans. J’étais déjà fasciné par le fantastique, très intrigué et intéressé par le spirituel, le style ésotérique. Par exemple quand je regardais des films, très jeune, comme « Le Choc des Titans » la version originale des années soixante, j’imaginais des scènes, comme un enfant créatif, cherchant à inventer une histoire pour jouer. J’imaginais qu’il y ait des royaumes religieux multiples coexistant, entre les Dieux de l’Olympe Grec, les Divinités de l’Egypte Ancienne, et bien entendu le Ciel et l’Enfer. Je pré visualisais dans mon imaginaire d’enfant que tous les Dieux se rassemblaient autour d’un bureau pour un brainstorming des affaires communes sur la terre.

Une réunion syndicale ou autre. Pourquoi cette image-là, je ne sais pas mais j’ai toujours aimé la coexistence entre les univers mystiques confondus. Bien des années après je découvre qu’un auteur y a déjà pensé et l’a retranscrit dans plusieurs de ses livres, il s’agit de l’écrivain Neil Gaiman.

Pour revenir à l’ouvrage d’Anne Rice, lorsque j’ai vu ce film adapté de son roman, au départ j’étais encore en quête de matérialiser mon univers, mon style. Je me cherchais et je n’avais pas d’arme pour me représenter face aux hordes d’enfants violents et virulents qui me déchiquetaient chaque journée scolaire. À travers ce film, j’ai découvert la prose poétique des siècles passés, la verve incisive dans un gant de velours, la philosophie d’un être immortel traversant l’éternité dans une mélancolie et ses émotions regrettées. Tout petit, j’avais la terreur absolue des vampires, lesquels n’étaient représentés que par des visages déformés horrifiques et surtout par la prestation vertigineuse de l’acteur Britannique Christopher Lee. Son rôle de Dracula glacial, dans un château lugubre et sa posture sociopathe avec ce regard etc. j’étais terrorisé très vite comme enfant. C’est grâce à l’œuvre d’Anne Rice, écrivant les états d’âmes d’un être prisonnier dans l’immortalité, condamné à assassiner pour survivre. Préférant tuer par crainte de mourir, car devant le néant tout être, toute entité est apeurée. C’est avec cette œuvre qu’une petite partie de moi a pu naître. Cette partie s’est développée pour parvenir à devenir l’écrivain que j’espère être et que j’affine au fil du temps. « Entretien Avec Un Vampire » a empreint une pâte dans le caractère narratif des protagonistes de mes textes. J’ai amené des anges et des démons à décrire leurs ressentis, leurs angoisses dépressives, à travers le ravage, le carnage cacophonique des éternités, lesquelles balayent froidement les émotions, les regrets, sans ménagement.

« Constantine » est également une œuvre que j’aurais aimé écrire. Certes, c’est d’abord un comics DC, mais (oui je l’ai aussi découvert en film, mais en DVD), je trouve l’inspiration et la créativité ‘acrylique’ fascinante. Cette œuvre m’a beaucoup marqué et elle m’a amené dans des directions d’écritures pour mes ouvrages.


Avez-vous d’autres passions ?

Mes deux projets musicaux et la sensualité oniriques avec les femmes. J’aime les animaux, je trouve fascinant l’art des photographes, des dessinateurs et des monteurs d’images.

Mais l’écriture est ma vie, mon être, ma raison ainsi que mon oxygène. C’est ma vocation et l’unique don merveilleux que la vie m’a donné. Comme dirait ma sœur d’écriture et poétesse, Mlle Sandrine Turquier : « ma vie est écriture ».


Un dernier commentaire ?

Vive l’écriture, vive l’art conscient, les artistes, auteurs libres et authentiques.

Merci de tout cœur à l’auteure Brigitte Bianco, ma bienfaitrice et ange gardien depuis 2021. C’est grâce à elle que j’ai pu vivre un peu mes activités littéraires. Merci à VanJarre qui est un amour, il m’aide énormément, faire des sons ensemble m’apporte un soutien précieux.

Merci à Sandrine Turquier, auteure et poétesse, elle est ma sœur d’écriture. Sandrine a une remarquable plume poétique, son talent est immense. Elle m’a soutenu et je l’aime beaucoup, elle est une amie en or. Merci à Mr Fredel Silereves également, et mon ami Frédéric Candian.


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Youtube :

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BIBLIOGRAPHIE

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